J'ai failli mourir le jour de la naissance de mon fils.
Nous avons passé dix longs jours à l'hôpital. Mon bébé, fragile et souffrant, était en soins intensifs néonatals, et j'étais dans une minuscule chambre au bout du couloir. Je restais éveillée plus souvent que je ne dormais. J'étais complètement seule. Il n'y avait pas de famille, pas de voix familières. Juste le bourdonnement constant des machines, le tic-tac de l'horloge et cette peur qui me pesait toujours le plus après minuit.
C'est à ce moment-là qu'il a commencé à venir.
Chaque soir, discrètement, une infirmière venait me voir. Elle ne me pressait pas. Elle ne me donnait pas l'impression d'être pressée de partir. Elle s'asseyait à mon chevet et me disait ce qui se passait avec mon petit garçon, ce que disaient les médecins, comment il respirait, s'il avait ouvert les yeux. Parfois, elle apportait de bonnes nouvelles, parfois de mauvaises. Mais au final, je recevais toujours la même chose d'elle : un doux sourire qui laissait entrevoir des jours meilleurs.
Plus tard, j'ai réalisé à quel point je m'étais accrochée à ce sourire.
Deux ans plus tard, un soir comme les autres, j'ai allumé la télévision pour regarder le journal de 22 heures. Je regardais d'une oreille distraite, j'étais fatiguée. Soudain, j'ai cessé de respirer.
Il était là.
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